D'où vient le radon ?
Le radon résulte de la désintégration naturelle de l'uranium présent dans la croûte terrestre. Il est particulièrement concentré dans les sols granitiques (Bretagne, Limousin, Massif central, Corse, Vosges), volcaniques (Auvergne) et certains sols uranifères. À l'air libre, il se dilue rapidement. À l'intérieur d'un bâtiment mal ventilé, il peut s'accumuler à des concentrations problématiques.
Les trois classes de potentiel radon
L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a établi une cartographie nationale par commune.
- Classe 1 : potentiel faible, la plupart des bâtiments du Bassin parisien, Nord, Aquitaine.
- Classe 2 : potentiel moyen lié à certaines particularités locales (failles, anciennes exploitations minières).
- Classe 3 : potentiel significatif, Bretagne, Limousin, Massif central, Corse, Vosges, Auvergne.
Comment le radon entre-t-il dans un bâtiment ?
Le radon remonte par les fissures de dalle, les passages de canalisations, les vides sanitaires non ventilés, les joints sol-murs et les sous-sols semi-enterrés. L'aspiration naturelle des bâtiments chauffés (effet cheminée) accentue l'infiltration en hiver. Les logements les plus concernés sont ceux construits directement sur le sol, sans vide sanitaire, avec une mauvaise ventilation.
Comment mesurer le radon dans son logement ?
La mesure se fait avec un détecteur passif (dosimètre) placé dans la pièce de vie la plus fréquentée, pendant au moins 2 mois en période de chauffage (octobre à avril). Les kits sont vendus en pharmacie, en ligne ou par des organismes agréés (entre 30 et 50 EUR analyse comprise). Le résultat est exprimé en becquerels par mètre cube (Bq/m3). Au-delà de 300 Bq/m3, des actions correctives sont recommandées ; au-delà de 1 000 Bq/m3, elles sont urgentes.
Solutions de remédiation
Plusieurs techniques, seules ou combinées, permettent de réduire la concentration en radon : amélioration de la ventilation du logement (VMC simple ou double flux correctement dimensionnée), étanchéification des points d'entrée (dalle, passages de canalisations, trappes de vide sanitaire), mise en dépression du sol par un Système de Dépressurisation du Sol (SDS) et, en construction neuve, pose d'une membrane anti-radon sous dalle.
Que faire ?
- Consulter la classe de la commune sur la carte IRSN ou DiagAdresse.
- En classe 2 ou 3, placer un dosimètre pendant 2 mois en période de chauffage.
- Aérer quotidiennement 10 à 15 minutes, même en hiver.
- Étanchéifier fissures de dalle, passages de canalisations et trappes de vide sanitaire.
- Vérifier ou installer une VMC correctement dimensionnée.
- En construction neuve en classe 3 : prévoir une membrane anti-radon sous dalle.
Coût et assurance
Les travaux de remédiation vont de quelques centaines d'euros (étanchéification, remise à niveau VMC) à 3 000 - 5 000 EUR pour un système de dépressurisation du sol. Aucune assurance ne couvre directement le risque radon puisqu'il s'agit d'un phénomène chronique et non accidentel. Certaines collectivités et l'ANAH peuvent subventionner les travaux de ventilation dans le cadre d'opérations d'amélioration de l'habitat.
Obligations légales
Depuis 2018 (code de la santé publique, articles R1333-28 et suivants), les propriétaires de certains ERP (établissements scolaires et sanitaires, crèches, établissements pénitentiaires) situés en commune de classe 3 sont tenus de mesurer le radon et de réaliser des travaux si le seuil de 300 Bq/m3 est dépassé. Pour les logements privés, pas d'obligation de mesure, mais le classement radon doit figurer dans l'État des Risques et Pollutions (ERP) remis à l'acquéreur ou au locataire.