Les différents types de cavités
Les cavités souterraines recensées sur Géorisques relèvent de plusieurs origines, chacune avec ses mécanismes propres de détérioration.
- Cavités naturelles : grottes, gouffres et réseaux karstiques (calcaires du Causse, Jura, Dordogne).
- Carrières abandonnées : Paris et sa première couronne (gypse, calcaire grossier), Nord (craie), Val-de-Loire (tuffeau), Picardie (craie).
- Ouvrages civils : caves de vignerons, champignonnières, tunnels désaffectés.
- Ouvrages militaires : galeries de la Première Guerre mondiale, sapes, abris, blockhaus.
- Cavités d'origine anthropique récente : anciens puits, réservoirs, fosses septiques oubliés.
Quels phénomènes peuvent survenir ?
La dégradation d'une cavité souterraine peut provoquer plusieurs types de désordres en surface : affaissement progressif (tassement diffus sur plusieurs mètres de diamètre), effondrement brutal (fontis, création d'un trou circulaire de quelques mètres à quelques dizaines de mètres), fissuration différentielle des constructions, glissement de terrain latéral si la cavité est à flanc de coteau.
Régions les plus concernées
L'Île-de-France concentre un risque majeur avec plus de 3 000 km de galeries de carrières sous Paris, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, inspectées par l'IGC (Inspection Générale des Carrières). Le Nord et le Pas-de-Calais sont concernés par les catiches (extraction de craie) et l'après-mine du charbon. La Normandie (marnières, craie), le Val-de-Loire (tuffeau), la Picardie (craie) et le Sud-Ouest (gypse, ardoisières) comptent aussi de nombreuses cavités.
Différence entre cavité et risque minier
Le risque minier (après-mine) résulte de l'exploitation industrielle de ressources (charbon, fer, sel, potasse, or) et est suivi par le dispositif après-mine (DPSM, Geoderis). Les cavités 'classiques' sont des ouvrages non miniers : carrières ouvertes, cavités naturelles, ouvrages civils. Les deux régimes d'indemnisation diffèrent : le risque minier bénéficie d'un régime spécial (loi 1999) avec indemnisation intégrale, les cavités relèvent du régime cat-nat général avec franchise.
Signes d'alerte et investigations
Fissures verticales ou en escalier, portes qui coincent, affaissement localisé du plancher ou du jardin, trous apparus après de fortes pluies, craquements entendus par temps de gel : autant de signes qui justifient une expertise. Les investigations passent par une recherche documentaire (archives préfectorales, IGC, BRGM), une étude géotechnique G5 (recherche de cavités), voire des sondages géophysiques (microgravimétrie, radar de sol) ou des forages destructifs.
Que faire ?
- Consulter la base Géorisques 'Cavités souterraines' et l'IGC si en Île-de-France.
- À l'achat, demander l'historique et les éventuelles fiches de cavités recensées.
- En cas de doute, commander une étude G5 (recherche de cavités) : 1 500 à 3 000 EUR.
- Signaler tout affaissement ou fissuration inhabituelle à la mairie.
- Ne jamais descendre seul dans une cavité : manque d'oxygène, chutes de blocs.
- Ne pas reboucher soi-même : seules des techniques de clavage par injection (béton maigre) sont fiables.
Coût et assurance
Les dommages liés aux effondrements de cavités sont couverts par la garantie catastrophe naturelle après publication d'un arrêté interministériel. Franchise légale : 380 EUR. Pour le risque minier, l'indemnisation est intégrale sans franchise via le dispositif après-mine. Une étude G5 coûte 1 500 à 3 000 EUR, un comblement par injection béton ou un clavage peuvent atteindre 30 000 à 150 000 EUR selon le volume.
Obligations légales
Loi du 30 juillet 2003 (art. L563-6 du code de l'environnement) : toute commune ayant connaissance de cavités souterraines sur son territoire doit les recenser et les transmettre au préfet. Ces informations figurent dans l'État des Risques et Pollutions (ERP) remis à l'acquéreur ou au locataire. Un Plan de Prévention des Risques cavités peut être prescrit dans les secteurs les plus exposés et interdire certaines constructions ou imposer des études préalables.